Restaurer ou laisser faire la nature ?

Restoring or let nature resiliate?

Dutoit, T. ; Chenot, J. ; Buisson, E. ; Jaunatre, R.

Type de document
Article de revue technique à comité de lecture
Langue
Français
Affiliation de l'auteur
CNRS UMR 7263 IMBE AVIGNON FRA ; CNRS UMR 7263 IMBE AVIGNON FRA ; CNRS UMR 7263 IMBE AVIGNON FRA ; IRSTEA GRENOBLE UR EMGR FRA
Année
2017
Résumé / Abstract
Restaurer ou laisser faire la nature, ces deux approches sont-elles définitivement antagonistes ou complémentaires ? Faut-il arrêter de restaurer les « écosystèmes culturels » sur lesquels ont été créés en grande majorité nos parcs et réserves naturels au profit d’un « réensauvagement » de l’Europe ? « Laisser faire la nature » ne risque-t-il pas de constituer un faux prétexte pour dédouaner tout destructeur de son impact environnemental ? La croyance que tout écosystème détruit ou dégradé pourrait être restauré à l’identique de ceux qui ont préexisté est déjà un mirage dans l’état des connaissances scientifiques et techniques actuelles. La plupart des techniques de restauration mobilisent des ressources non renouvelables (hydrocarbures notamment). Elles génèrent donc des coûts économiques et environnementaux non négligeables. Les objectifs ne sont alors plus de restaurer la biodiversité des écosystèmes mais de laisser s’exprimer leur naturalité, même dans les zones historiquement anthropisées. Certains écosystèmes, aujourd’hui considérés comme dégradés, altérés ou détruits, sont ainsi qualifiés de « nouveaux écosystèmes », c’est-à-dire présentant une combinaison d’éléments biotiques et de caractéristiques abiotiques n’ayant pas encore existé et dont il faudrait savoir laisser s’exprimer les potentialités futures. C’est dans cet esprit que nous menons depuis 2015 un ensemble de recherches sur d’anciennes carrières alluvionnaires sèches situées dans le département des Bouches-du-Rhône (communes de Saint-Martin-de-Crau et de Fos-sur-Mer). L’objectif est d’apporter des éléments sur l’état de la biodiversité et la perception de la naturalité de milieux considérés jusqu’à présent comme des friches industrielles, créées aux dépens d’un écosystème unique en Europe et à haute valeur patrimoniale : les pelouses méditerranéennes de la plaine de Crau, localement appelées « Coussoul ».
Source
Le Courrier de la nature, vol. 301, p. 42 - 45

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